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CHERS AMIS
Citalá, El Salvador
Le 26 février 2010
Chers amis,
J’espère que vous allez bien et que vous trouvez la joie dans tout ce que vous faites. C’est pour cela que je demande au Seigneur de bénir tous les efforts que vous faites pour faire avancer le règne de Dieu.
Durant cette retraite spirituelle des prêtres de mon diocèse, il est bon pour moi de m’arrêter pour vous écrire quelques mots loin de tout, loin des problèmes, même s’ils restent toujours présents en moi. Dernièrement, je rencontrais les responsables de tous les groupes du Renouement Conjugal. Ils me racontaient leurs problèmes avec quelques-uns de leurs membres dont ils sont responsables. Je me disais : « Ils ont seulement un maximum de 10 personnes et moi, j’ai toute une paroisse. De toute façon, eux comme moi, avons la grâce pour faire grandir les personnes que le Seigneur nous a confiées.
Je leur disais aussi que si le groupe est moins fidèle qu’au début, cela dépend d’eux. Je me suis rendu compte qu’eux-mêmes ont diminué dans leur vie spirituelle. Au début, tous les responsables avec leurs membres étaient à l’heure d’adoration le jeudi. Aujourd’hui, on peut compter sur une seule main les responsables qui viennent adorer. Le plus curieux, c’est que maintenant, ils se disent très occupés, ils n’ont plus le temps. J’ai rajouté : « il serait plus juste d’ajouter que vous n’avez plus d’amour ». Un monsieur a dit : « Tu devrais nous obliger, être plus sévère ». Je lui ai répondu : «Cela ne serait pas normal, ils sont des adultes. S’ils viennent à l’heure d’adoration, c’est une heure gratuite qu’ils donnent au Seigneur. Cela doit être fait par amour et pas par obligation ». Mais je les ai avertis que si je voyais un membre responsable qui ne vient jamais à l’adoration, ni à la messe, je vais lui enlever sa responsabilité.
J’aimerais vous annoncer aussi que depuis mardi, le 23 février, nous avons suspendu les travaux de construction parce que, durant les prochaines semaines, nous allons clôturer le terrain. Il y a beaucoup de monde qui passe et il y a aussi beaucoup de choses qui disparaissent. Il y a deux semaines, nous avons mis une belle chaine au pied de la grotte de Marie Auxiliatrice. Deux jours après, la chaine était disparue. Le premier samedi du mois de mars, nous aurons une messe sur le terrain. Je vais lever la voix et je vais leur dire que les gens qui osent voler en face de la Vierge ne pourront jamais être heureux, à moins de la confession et de remettre ce qu’ils auront volé. On ne peut pas être heureux en volant au pied de la Vierge. Ce n’est pas la valeur de la chaine, elle valait $5.00, mais c’est le fait de voler quelque chose à la Vierge. C’est pour cela que nous avons suspendu les travaux afin de clôturer. Le pire dans tout cela, c’est quelqu’un qui travaille pour nous. En ayant une clôture et une barrière, ce sera plus difficile et plus gênant d’entrer sur le terrain. Les travaux de la grande salle avaient commencé et le sous-sol était creusé afin d’avoir quelques ateliers de travail. Nous continuerons la construction après la pose de la clôture.
Le 16 – 17 avril, nous aurons notre Téléthon qui commencera le 16 à 6 heures p.m. par l’Eucharistie et se terminera le 17 à 5 :00 p.m. avec la messe de clôture. Nous sommes dans la préparation. Nous avons cherché des personnes qui oseraient parrainer un chanteur qui coûte $150.00 de l’heure, ce sont des professionnels. Jusqu'à date, nous avons douze heures d’assurées. Nous avons mis à la disposition des gens durant ces deux jours trois lignes téléphoniques pour qu’ils puissent faire leur appel pour un don à partir de n’importe quel pays du monde. Notre objectif est d’atteindre $15,000.00. Je sais que nous l’atteindrons. Si la Sainte Famille veut ce projet de la Maison de Retraite spirituelle, il faudra qu’Elle se débrouille pour nous trouver les fonds nécessaires. Cet argent du Téléthon servira à continuer nos travaux. Nos numéros de téléphone pour que vous puissiez téléphoner à n’importe quelle heure du jour et de la nuit sont : 011-(503) 7306-3253 ou 011 (503) 7400-2300 ou encore 011(503) 7389-3152
Tous les premiers samedis du mois, nous avons toujours une messe à la chapelle de Marie Auxiliatrice. Il vient environ 300 personnes. Nous faisons toujours un tirage d’une vingtaine de cadeaux. Le mois dernier, tous les cadeaux ont été donné par l’Abbé Yves, un prêtre du Québec en visite, et les gens étaient bien contents.
Le 31 juillet, nous aurons le couronnement du petit prince et de la petite princesse. Dans chaque village et dans chaque barrio de Citalá, il y aura un petit garçon et une petite fille entre 6 et 10 ans qui seront les candidats pour être couronnés prince et princesse. Ils seront tous indépendants, c'est-à-dire que le petit prince pourrait être de San Lorenzo et la petite princesse de Citalá. Nous voulons que ce soit avant tout une fête pour les enfants. Ils auront chacun un livret qui contient plusieurs petits carrés, chaque petit carré vaut 0.05 cents. Celui et celle qui en aura vendu le plus sera couronné. Mais tous les 30 enfants participants recevront un cadeau.
Dans le village de El Socorro, j’ai choisi un petit garçon et une petite fille de deux familles très pauvres. A San Lorenzo, j’ai choisi un petit garçon Angel Alfredo qui a 9 ans et qui, lui aussi, est d’une famille très pauvre. La mère à 5 enfants et le père est parti il y a un an avec une autre femme. Les gens de San Lorenzo et de très bons pratiquants ont été très méchants avec eux. Ils ont dit à la mère devant l’enfant en riant : « Pourquoi est-ce que tu acceptes que ton enfant soit là-dedans, tu n’as même pas d’argent pour l’habiller comme il faut ? » Voulez-vous savoir pourquoi ces personnes ont fait cela, c’est parce qu’ils avaient choisi un enfant de famille très riche. Le père est aux États Unis et ils avaient l’intention de le faire gagner. De cet argent, je n’en veux pas, parce qu’ils le font par orgueil.
Quand j’ai appris cela, j’ai dit à l’enfant : « Ne t’en fais pas, je vais t’acheter du beau linge, tu auras même une belle cravate et des beaux souliers neufs ». L’abbé Claude, un autre prêtre québécois en visite, m’a donné $5.00 pour lui. J’en ai fait autant. Quand je lui ai donné, c’est lui-même qui a fait les X dans 100 petits carrés.
Certains membres du Conseil Économique m’ont reproché d’avoir choisi des enfants de familles pauvres. Ils ont dit qu’on ne ferait pas beaucoup d’argent à cause de cela. Je leur ai dit que ce n’est pas seulement l’argent qui compte le plus mais de montrer à un enfant et à ses parents qu’un enfant pauvre, le plus pauvre de tous, a sa place dans l’église et que ce sont les préférés de Jésus. On ne veut pas de compétition, même s’il y en aura, ce que je veux, c’est que chacun fasse leur possible. Tous les enfants gagneront, mais seulement un garçon et une fille seront couronnés. Ce n’est pas la quantité d’argent apporté qui compte le plus mais les efforts que chacun fera. Dans chaque village, ils feront des activités et l’argent collecté sera séparé en part égale aux deux enfants.
Le 18 janvier, comme je l’ai écrit plus haut, un prêtre l’abbé Yves Rancourt et deux laïcs Renald Roy et Gérard Dumas tous du Québec, arrivaient au El Salvador ou plus précisément à Citalá. Ils venaient dans le but de travailler un mois à notre Maison de Retraite spirituelle. Ils ont tout peinturé le module de 4 chambres. On était supposé prendre le déjeuner à 5 :30 tous les matins, mais on déjeunait avant 5 heures parce que tout le monde était levé. Ils faisaient leur lunch la veille au soir. À 6 heures du matin, le camion venait les chercher. Ils revenaient vers 4 :45 l’après-midi et à 5 heures 30, nous avions l’Eucharistie ensemble avec toute la communauté de Citalá. J’en ai profité aussi pour leur faire connaitre un petit coin du pays mais, s’ils reviennent l’an prochain, on ira visiter un autre coin de ce beau pays El Salvador.
Je profite de cette lettre pour leur dire « MERCI », merci du fond du cœur, merci pour votre aide. Mais merci encore plus fort pour votre témoignage que vous avez donné. Vous avez été édifiants pour les gens et ils vous ont appréciés. La preuve, c’est que les derniers jours, c’était toujours la fête.
L’abbé Claude Sauvageau est arrivé le 1er février. Il aime beaucoup les coqs. Sans le savoir, je lui ai donné une chambre où le coq du voisin chante presqu’à la fenêtre de sa chambre. Ici les coqs chantent à partir d’une heure du matin et cela à toutes les heures. Il y en a un qui commence et les autres suivent. Je pensais qu’il aurait de la misère à dormir, mais non, comme il aime les coqs, c’était pour lui comme une sérénade. Il a même été salué le coq qui chantait à sa fenêtre. Il aime aussi les fleurs et il a un grand talent pour cela. Il a refait le jardin de fleurs au complet. Pour l’engraisser, il a été lui-même chercher de la « bouse » de vaches, mais bien sûr avec une pelle. Alors merci Claude et, sois en sûr, je prends soin de tes fleurs. Il y en a une qui est morte mais, quand tu es parti, tu te rappelles, elle agonisait.
Le 15 janvier arrivait au El Salvador un conteneur venant de la Belgique. Nous le recevrons ces jours-ci. J’ai hâte de voir tout ce qu’il y a dedans,. Je sais qu’il y a trois tabernacles, un confessionnal et plusieurs statues. Je sais qu’il y a beaucoup de linges, des matelas et des meubles. Il y a deux ambons et un autel et cela servira dans l’église de Los Planes de même qu’un tabernacle parce que je mettrai la présence du Saint Sacrement dans cette église. Je sais que les gens en prendront soin et je n’ai pas peur d’y mettre la présence de Jésus. Merci Père Marysse et merci aussi à Roger et Yvonne. C’est un beau geste que vous avez posé.
Hier à la retraite, j’ai eu une grande joie. Le 2 novembre 2002 dans un cimetière de France, on m’avait volé ma valise avec toutes mes 4 étoles de diacre que Jimmy Rodrigue m’avait données. Ce même jour, je partais avec le Père Marysse pour la Belgique. Nous sommes allés visiter une dame qui venait de perdre son mari qui était diacre permanent. Quand la dame a su que mes étoles avaient été volées, elle m’a donné les très belles étoles de son mari. Quand j’ai été ordonné au Salvador, j’ai passé les étoles à quelqu’un qui serait ordonné diacre le même jour que moi. Cela fera bientôt 8 ans et quand j’ai vu le diacre hier porté une étole qui venait de la Belgique, cela m’a fait plaisir et j’aurai aimé avertir cette dame que les étoles de son mari servent encore.
Le 7 janvier 2010, un conteneur plein de belles choses est parti du Québec en direction du El Salvador. A cette date, nous ne l’avons pas encore reçu, mais ça ne tardera pas. Je veux profiter de cette lettre pour vous dire un « GROS MERCI ». Les dons que vous avez faits à « Mission El Salvador » ont servi à envoyer ce conteneur mais, tout ce qu’il y a dedans, servira à aider les gens d’ici et des villages de ma paroisse. Merci aussi aux membres de « Mission El Salvador » qui se sont dévoués pour que ce conteneur parte pour le El Salvador.
Les 4 canadiens qui sont venus se sont rendu compte qu’il y a de la misère, que les gens ont faim et froid. Un jour, un enfant est venu avec ses trois frères et sa mère. Durant la nuit, il avait fait très froid. J’ai demandé à l’enfant : « Est-ce que tu as eu froid cette nuit ?» Il m’a dit : « Oui, je n’ai pas pu dormir durant la nuit ». J’ai sorti 5 couvertures que je gardais pour mettre dans les chambres et j’en ai donné une à chacun des enfants et l’autre à la mère. Vous savez, ces gens-là, ne demandent jamais rien. Quand l’enfant m’a dit qu’il n’avait pas dormi, je ne pouvais pas garder ces couvertures même si c’était pour notre Maison de Retraite spirituelle. Le Père Yves et moi avons été à El Socorro. Il faisait vraiment froid ce matin-là et les enfants n’avaient même pas de manteau sur le dos. Ils n’en avaient pas, parce qu’ils n’en ont pas.
Vous comprenez pourquoi votre aide est si précieuse. Tous les dons que vous faites sont pour vous une pluie de grâces et sont pour moi une joie de pouvoir aider. Un jour, l’abbé Claude et moi allions déjeuner à El Poy dans un petit restaurant. Ce sont des gens pauvres, très pauvres. Ils en arrachent beaucoup. La dame n’a pas voulu nous faire payer. Alors, je lui ai demandé : « Est-ce que vous avez besoin de maïs ? » Elle me regarde les larmes dans les yeux et me dit : « Ce matin, j’ai tout dépensé ce qu’il me restait ». Je lui ai dit de m’attendre et que je reviendrais. Je suis revenu avec 150 livres de mais. On me l’avait donné pour la paroisse, je ne pouvais pas le garder quand quelqu’un n’en a pas.
Un jour, avec les canadiens, nous avons été visité la mère de l’enfant Angel Alfredo qui se présente comme petit prince de San Lorenzo. Les gens, ici, quand on va les visiter, cela nous touche au cœur direct. Ils essaient de toujours nous donner quelque chose. On leur avait apporté de la nourriture avec l’argent que nous avions reçu de Shipshaw au Lac Saint-Jean. Il y avait un petit sac de gruau, elle nous a fait un jus de gruau : gruau, eau et sucre. Ce n’est pas ce qu’il y a de meilleur. Les Québécois m’ont demandé s’ils pouvaient boire cela à cause de l’eau. Je leur ai dit : « Prenez-le, ça vient des pauvres, vous ne serez jamais malade pour cela ». Quand nous sommes partis, la dame me donne un petit sac. Il y avait 4 œufs dedans. Elle me dit : « Je te donne seulement 4 œufs parce que j’ai seulement deux poules ». Les pauvres nous évangélisent et nous enseignent à partager, nous ouvrent leur cœur et, si on les regarde avec les yeux plein d’amour, on peut voir la bonté, l’amour du Cœur de Jésus dans leur propre cœur. Je vous écris cela avec les larmes aux yeux.
Les dons que vous faites, vous ne savez pas toujours a quoi ça sert, mais il y a une chose que je peux vous dire : « Que cet argent serve pour la Maison de Retraite, ou qu’elle serve directement aux pauvres, le Seigneur le voit et, à votre entrée au ciel, vous verrez défiler devant vous avec un beau sourire les personnes que vous avez aidées. Quand vous donnez et qu’il y a une partie qui va à la Maison de Retraite, alors, vous devenez « sociaux » ce qui veut dire que toutes les conversions qu’il y aura dans ce lieu, vous recevrez une part de dividendes qui sont et seront des grâces déversées sur vous et votre famille de génération en génération.
Quand, avec le Conseil Économique, nous allons à San Salvador pour des contacts, nous ne prenons jamais rien pour nous. L’an dernier, certaines personnes voulaient se faire payer le diner, ils voulaient $5.00 à chaque fois. Ils ont reçu un « non » catégorique. Je leur ai dit que jamais on prendrait l’argent que les gens d’ici ou d’ailleurs nous donnent pour aller manger. Il y a eu des protestations, mais j’ai tenu mon bout et, maintenant, on n’en parle plus. Si quelqu’un a de la difficulté, nous nous mettons tous ensemble et nous lui payons le repas.
Comme je le disais, quand vous donnez à Mission El Salvador et qu’avec cet argent nous mettons de l’espérance dans le cœur des gens, si ces personnes ne pratiquent pas et qu’en raison du geste de bonté, ils reviennent au Seigneur, vous recevez une part de grâces. C’est normal, le Seigneur voit tout et le plus petit acte d’amour que nous faisons est récompensé. Une bonne partie de l’argent qui a été donnée a été pour le conteneur mais, ce qu’il y a dans le conteneur, servira pour les pauvres. Les couvertures que j’ai données dernièrement, venaient du conteneur de l’an dernier. Alors, un gros « merci » à tous ceux et celles qui se donnent, qui se privent pour les pauvres.
Je commence à comprendre le Saint Curé d’Ars quand il voulait quitter son village à la cachette durant la nuit. Des fois, c’est vraiment trop dur. Ce qui est le plus difficile, c’est de voir l’indifférence des gens. Ils sont catholiques, ils se mangent entre eux. C’est tellement triste de voir des hommes pleurer parce qu’ils reçoivent que des calomnies. Il y a un cas d’une femme qui est venue se confesser et qui pleurait. Son mari est aux États Unis depuis peu. Ils veulent se sortir de la misère. Quelqu’un a téléphoné à son mari pour lui dire que sa femme vivait avec un autre et ce sont des purs mensonges. Le mari pour se venger lui a dit que lui aussi prendrait une autre femme aux États Unis. Les gens se détruisent et je dois continuer à leur donner la communion.
Vous savez, je ne sais pas pourquoi j’aime ce village, des fois j’ai de la difficulté à me dire pourquoi j’aime ces gens. Ils ne méritent pas vraiment d’être aimés. J’ai offert a quelqu’un pour qu’il se sorte de la misère de lui donner la machine pour faire des ceintures, une machine à coudre pour faire des souliers, mais il préfère continuer d’en arracher et de faire souffrir sa famille plutôt que de se prendre en main et de travailler.
Depuis 4 ans, je fais des efforts pour que ce peuple se lève, sorte de son indifférence, qu’ils se rendent compte qu’ils peuvent eux aussi faire quelque chose dont ils seront fiers. On construit la Maison de Retraite spirituelle mais les gens de Citalá s’en fiche. Pas un ne va aider sur le terrain, ils s’en fiche complètement. Nous avons donné du travail à 7 personnes depuis près de deux ans. Nous les avons payés plus que le salaire minimum et il y en a là-dedans qui nous volent directement, d’autres travaillent comme des lâches. Je me dis souvent que ce village ne mérite pas ce projet et, pourtant, je sais que cela va les aider pour qu’ils se sortent de leur somnolence. Il me reste ici moins d’un an et je ne voudrais surtout pas être nommé pour un autre cinq ans mais, dans le fond de mon cœur, je veux faire et ferai la volonté de Dieu.
Quand l’autre jour, j’ai vu qu’on avait volé la chaine au pied de la Vierge, cela m’a découragé. C’est à partir de cela que nous avons suspendu les travaux et que nous avons décidé de mettre tout le monde dehors. Nous clôturerons le terrain et, ensuite, nous donnerons le travail par contrat. Le maitre d’œuvre choisira lui-même ses gens et il devra nous remettre le travail terminé à la date fixée. Si ces gens ne travaillent pas, ce ne sera pas notre problème.
Si la « Casa de retiros la Sagrada Familia » (Maison de Retraite La Sainte Famille) est un projet de Dieu et, j’en suis sûr qu’il l’est, nous continuerons et nous le terminerons. Je crois que toute œuvre de Dieu se fonde sur la souffrance. C’est ce qui fait qu’elle sera construite sur du roc, sur le Roc qui est le Christ. Le démon sait très bien que dans cet endroit plusieurs personnes feront une rencontre personnelle avec Jésus et qu’ils reprendront le goût de vivre. Leur amour pour Marie grandira parce que c’est et sera toujours un lieu marial. C’est pour cela que nous avons sans arrêt des bois dans les roues. Je ne crois pas qu’une personne normale puisse vivre tout cela. C’est impossible s’il le vit tout seul mais c’est possible s’il le vit avec Jésus et Marie.
Le premier mai, nous ferons un festival gastronomique. Nous inviterons beaucoup de gens de San Salvador qui sont natifs de Citalá. Les gens de là-bas disent : « Qu’est ce qui peut nous attirer à Citalá ? Et la réponse c’est toujours « rien du tout ». Les gens disent qu’il n’y a rien à voir à Citalá. Quand nous venons de San Salvador, on voit des annonces de La Palma, de San Ignacio qui est à 7 kilomètres mais on ne voit rien de Citalá. Les gens s’en fichent, moi non, car j’aimerais que les gens retrouvent leur dignité, qu’ils soient fiers d’eux. Si je veux faire des ateliers et, spécialement un atelier de menuiserie, c’est parce que je veux faire des meubles qui seront dignes d’être vendus dans les grands magasins de San Salvador et ailleurs. Les gens seront fiers de dire : « Ça vient de Citalá ». Mais je peux dire que dans tout cela, je suis seul. Si je ne pousse pas les gens, ils ne font rien. Vous voyez, j’attends deux conteneurs, c’est moi qui a tout fait les démarches depuis plus d’un mois, pas un, même pas du Conseil économique s’informe pour voir comment vont les démarches.
Tout ce que je viens de vous dire, ça parait peut-être noir et ça l’est, mais je ne suis pas le genre à lâcher. Quand j’ai envie de tout lâcher, il me vient toujours une grande joie. Et voulez-vous savoir c’est quoi ma joie, c’est de parler de Jésus et de Marie, c’est de parler de l’Amour de Dieu pour nous, c’est de visiter les pauvres de ma paroisse. C’est d’aller dans les villages et de confesser. C’est de célébrer la messe tous les jours pour le peu de gens ou beaucoup de gens qui viennent. J’ai besoin de ce contact. C’est aussi d’aller à notre Maison de Retraite spirituelle et de me rappeler tout ce que nous avons vécu, toutes les personnes des villages qui ont donné du temps. En fait, si je me rends bien compte, tout est joie, je pourrais même dire la souffrance aussi.
Je n’ai pas voulu me plaindre, c’était loin de ma pensée mais, j’ai seulement voulu ouvrir mon cœur pour que vous y puissiez lire ce qu’est la souffrance d’un prêtre et porter dans votre prière tous les prêtres. Si le prêtre est tout seul, s’il commence à laisser ce contact avec Jésus et Marie, c’est normal qu’il vive une dépression. C’est pour cela qu’on a besoin de prières et de sacrifices. Rappelez-vous que, si grâce a votre prière, je peux être encore plus fidèle au Seigneur et que si les gens se convertissent à cause de mon témoignage et grâce a vos prières, je le répète, vous recevez une part de grâces. Les laïcs ont une grande mission : supporter tous les prêtres du monde entier en offrant au Seigneur leurs prières, sacrifices et aussi de vos dons. Ça, c’est le carême. Le missionnaire a besoin de sous pour continuer sa mission. Je ne suis pas une personne à donner de l’argent mais, je préfère plutôt leur acheter de la nourriture, comme nous l’avons fait avec les 4 Québécois dernièrement.
Voila, continuons de nous porter dans la prière. La joie du prêtre, c’est de voir les gens grandir dans l’amour de Dieu. C’est de sentir que quelqu’un est là, très loin peut-être, mais qu’il s’offre pour les prêtres. Je peux vous dire que je suis heureux comme prêtre et, si c’était à recommencer, je recommencerais volontiers.
Moi, le plus beau cadeau que je peux vous donner, ce n’est pas de l’argent, ce n’est pas du linge, mais c’est la bénédiction. Je suis tellement conscient de la grandeur de la bénédiction que c’est une joie pour moi de la donner, parce que je sais que celui qui la reçoit dans la foi est transformé et, c’est normal, parce que quand le prêtre bénit, c’est Jésus qui bénit.
Alors au nom de Jésus, je vous bénis de tout cœur au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.
Padre Ernesto Lachance
Casa parroquial
Citalá, Chalatenango
El Salvador. C.A.
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