« Mais la lettre, c’est vous, une lettre qui est tout à l’intérieur, mais que tout le monde peut lire et comprendre. Vous êtes une lettre du Christ… l’Esprit du Dieu vivant en a  été l’encre, elle n’était pas gravée sur des tablettes de pierre, mais dans des cœurs humains. » 2 Co 3,2-3
Comme une lettre… juste pour vous
Le regard du Christ
La conscience est-elle au-dessus de toute loi ? Tenter de répondre à la question n’est pas aisé pour moi qui ne suis pas théologien.  Bien que catholique depuis toujours je n’ai pas acquis une formation adéquate sur la Tradition, et sur ce que dit le Magistère. Alors je pourrais, devrais-je le faire, passer à un autre sujet apparemment plus aisé.Â
J’avais composé un premier texte que j’ai envoyé à mon ami Jean-Guy qui est diacre depuis plusieurs années. Quelle formation et quelles réponses structurées, prudentes. J'ai imprimé ses commentaires et je l’ai relu. Puis m'est venu clairement un souvenir de ce que Jean-Guy a comme pratique : il invoque l'Esprit-Saint avant de d'écrire quoi que ce soit. J'ai communiqué avec Jean-Guy. Nous avons eu un échange et Jean-Guy a accepté de prier la Trinité pour moi.  Et il a prié Marie également.  Il a eu l'humilité de me demander de prier pour lui aussi.Â
Le regard du Christ et ma conscience.
     La primauté absolue de Dieu et le regard miséricordieux du Christ sur nos consciences nous interdit de juger tout être humain.
o  Il est donc clair que chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même.
o  Cessons de nous examiner mutuellement.
o  Examinons plutôt comment ne pas donner à nos frères des occasions de chute ou de scandale.[1]
Que puis-je contester à Dieu sur la conscience ? Il en est le seul maître !
En 1966, le théologien Allemand Joseph Ratzinger, maintenant devenu chef de l'Église, a écrit ce passage sur la primauté de la conscience. Je le cite :Â
« La conscience est le tribunal suprême et ultime de la personne humaine,
même au-dessus de l’Église officielle et c’est à elle que nous devons obéir. »
Il est certain que cette phrase peut être interprétée hors contexte. Cette phrase s'ajuste bien, selon moi, à cet extrait biblique : « C’est leur propre conscience qui fera leur procès, et ils se verront accusés ou approuvés par leur propre raison le jour où Dieu jugera les secrets des cœurs par Jésus Christ, comme le dit mon Évangile. » [2]
Cette citation du Saint-Père est on ne peut plus précise. Notre Dieu nous a créés libre. Il nous a fallut la Loi à cause de la dureté de notre cœur. Puis Jésus est né. Il s'est incarné pour accomplir la Loi. C’est son sacrifice qui nous transforme et qui nous sauve une fois pour toute.
 Ce serait une répétition du péché originel si nous nous prenions pour des dieux, décidant pour nous-mêmes de ce qui est bien ou mal. « Non, ce ne sera pas la mort à coup sûr ! Mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez alors comme des dieux, vous connaîtrez le bien et le mal ! »[3]  Mal et bien si difficile à accepter.Â
 La conscience c'est l'œil sain dont parle notre Bible. « L’œil est ta lampe. Si tu as l’œil sain, toute ta personne profite de la lumière.  Mais si ton œil est mauvais, ton être entier est dans le noir. Si la lumière qui était en toi est devenue ténèbres, que deviendront tes propres ténèbres ? »[4]
« Nous savons que pour ceux qui aiment Dieu, ceux qu’il a choisis et appelés, Dieu se sert de tout pour leur bien. » [5] Tout ! Oui je crois que tout concourt aux biens, toutes choses sont nécessaires, comme un grand test de soi-même. Tout ?  même la mort d'un enfant, me demanda Julie, l'autre jour. Tout si je me colle à ma foi. Qui suis-je vraiment dans les pires épreuves ? Est-ce que ma foi tombe ? Dans certaines noirceurs, est-ce que je me présente comme les vierges folles sans huile pour accueillir l'époux ?
Le message, le maître mot de la Parole de Dieu c'est tout faire par amour, tout vivre, les yeux fixés sur l'ultime rencontre. Nul besoin d'être mort pour être visité ! Je ne serai pas averti de l'arrivée du Père, moi le fils qui ne croit pas en ma dignité. Il me reste tant de chemin à courir, encore une part de mon héritage à dilapider avant de crier : « Père prends moi comme serviteur ! »
Un examen régulier du chemin que l'on parcourt est nécessaire. Suis-je dans la brume des désirs insensés ?  À la croisée d’une route mortifère ? Me suis-je forger des indications intérieures à la limite de mes faiblesses ?  Est-ce que je ne me sers que de ma force orgueilleuse ?
Le Christ notre véritable force a pris volontairement un corps. Il a subi de grandes tentations. Il a vaincu Satan pour que nous res-suscitions en nous le désir du paradis perdu. Perdu à l'instigation du Malin. L'homme porte difficilement ce souvenir.Â
Il y a pourtant espoir ! Nous devons vivre le désert pour reconquérir ce pays promit. La croix symbole de déchéance s’est changée en Victoire.  « Mais bien plus sûrement le sang du Christ qui s’est offert lui-même à Dieu par l’Esprit éternel comme une victime sans tache, lavera notre conscience des œuvres de mort pour que nous servions le Dieu vivant. »[6]
Sûrement le sang du Christ lavera notre conscience…Pierre à trahi. Trois fois ! il n'a suffit que d’un regard, un face à face. Il me semble que Pierre devait pleurer non pas sa trahison, mais bien sûrement d'émotion pour ce beau regard de Jésus. Jésus ne le condamnait pas. Il comprenait la faiblesse de son ami.Â
Le mal est un malheureux pouvoir lancinant dans le cÅ“ur de l'homme et de la femme.   Le mal, une tache de suie, sur la blancheur de notre âme, a été lavé par le sang du Christ.Â
Imaginons que Pierre eut hésité à accepter le regard-Amour de Jésus. En un instant il se serait revu manquant de foi alors qu'il marchait sur l'eau. Et si cela n'eut pas été suffisant, il se serait rappelé l'enseignement de Jésus : « On pardonnera aux humains n’importe quel péché ou blasphème contre Dieu… » [7]
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Jésus est né et a pris acte des faiblesses de sa chair mais il a vaincu le péché. Le Christ, notre seul Seigneur a vaincu la chair en priant, en jeûnant et en refusant le monde de Satan. De fait, il comprend que nous penchons plus vers le côté facile de la vie.Â
Une chose est certaine, tous nos sens doivent être aux aguets pour bien saisir tout l'amour de la Trinité pour nous. Saisir chaque jour le beau et le bon nous plonge dans une culture de confiance intimiste.  Notre Seigneur a le pouvoir et l'abondance de moyens pour tenir ses promesses.Â
Il est, en ce sens, important de bien lire l'apôtre Jacques : « … accueillez la parole qu’on a semée en vous, qui a le pouvoir de sauver vos âmes. Ne soyez pas seulement des auditeurs de la parole ; passez à l’action, ou bien vous êtes dans l’illusion. »[8]
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Les extraits sont de la Bible des peuples. Ce texte n'engage que moi. © Fernand Lachance.Â