« Mais la lettre, c’est vous, une lettre qui est tout à l’intérieur, mais que tout le monde peut lire et comprendre. Vous êtes une lettre du Christ… l’Esprit du Dieu vivant en a  été l’encre, elle n’était pas gravée sur des tablettes de pierre, mais dans des cœurs humains. » 2 Co 3,2-3
Comme une lettre… juste pour vous
Pouvoir visiter de façon réelle cette demeure intérieure, notre petit château. Une demeure qui captive les trois Maîtres et Seigneurs de la vie. Ou bien la Trinité ne sait pas à quoi s'attendre en se faisant prisonnière de ma demeure ou bien cette pure folie de l'Amour s'y rend-elle dépassé par ce qu'elle voit. Elle est attirée par ce lieu ou ne règne que mon possible silence.
Parfois, très souvent, je prie dans la pire heure du jour, en pleine sécheresse intérieure.   Puis passe mon Dieu trine. « Il dit : « Mon Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter ! Qu’on apporte de l’eau ! Vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l’arbre.  Je vais chercher un morceau de pain, vous vous remettrez et ensuite vous reprendrez votre route : c’est bien pour cela que vous êtes venus vers votre serviteur. »
Ils lui dirent alors : « Fais comme tu le dis. »[1]
Abraham voit si peu souvent de visiteur, il ne peut si souvent ouvrir ses bras pour s'offrir un peu. Trois visiteurs arrivent et voilà que toute la maisonnée est mise à l'Å“uvre pour faire une « fête » de cette visite impromptue.  Abraham doit bien ressentir la grandeur et la simplicité de ces hommes. La Trinité se laisse tenter par la générosité empressé d’Abraham. « C’est bien pour cela que vous êtes venus vers votre serviteur. » Et ils répondent : « Fais comme tu le dis. » Â
Maîtres de la Vie, en union, ils s'attablent, se laisse baigner les pieds, se reposent. Quelle grandeur, quelle humilité!Â
« Pendant qu’ils mangeaient, lui se tenait debout près d’eux sous l’arbre. »[2]
            Â
Le Christ est venu sauver l’humanité.  Plus besoin de vivre dans l'ombre du péché. Plus besoin de s'offrir en victime pour expier nos fautes. La victime ne comprend même pas le sens de cette immolation. Sas croix nous sauve tous. Il me reste quelques petits efforts à faire : être à son écoute, lui ouvrir et accepter de manger avec Lui.Â
Être à son écoute : pas facile
Lui ouvrir : reviens plus tard ma petite Voix.
Se reconnaître digne de partager à la même table ce Visiteur Eucharistique.
«  Me voilà devant la porte et je frappe ; celui qui entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui, et lui avec moi. »[3]
Ah! Si mes yeux et mes oreilles, tous mes sens pourquoi pas, s'ouvrait pour voir, pour entendre. Hélas la plupart du temps  je suis ailleurs.Â
Je n’ai pas le temps
Je n'ai rien à t'offrir
Repasse demain
Tu sais bien Seigneur que je t'aime
Mais
Comment puis-je te laisser entrer dans mon secret?
Ma Source est tarie : rien à boire!
Intérieurement je me rappelle souvent : « Là il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, mais à lui, personne ne lui donnait rien. »
Par respect de ma liberté, Jésus frappe le plus discrètement qu'il le peut. Il apportait avec lui le vrai des anges. Parfois je suis tellement prisonnier de moi-même que je frappe moi-même à ma propre porte, de l'intérieur. Les verrous tombent et « me voilà moi-même devant la porte, je frappe je crie, je prie. Lui m'entend. Lui m'ouvre ma porte. Et me jetant à genoux je lui dis :
« Père, j’ai péché contre le Ciel et devant toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. »[4]
Il nous faut manger et faire la fête : mon fils que voici était mort
et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé.
Et ils commencèrent à faire la fête[5].
Merci Jésus de me rendre digne de te recevoir toi et tes cadeaux.
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Les extraits sont de la Bible des peuples. Ce texte n'engage que moi. © Fernand Lachance.Â