« Mais la lettre, c’est vous, une lettre qui est tout à l’intérieur, mais que tout le monde peut lire et comprendre. Vous êtes une lettre du Christ… l’Esprit du Dieu vivant en a été l’encre, elle n’était pas gravée sur des tablettes de pierre, mais dans des cœurs humains. » 2 Co 3,2-3
Comme une lettre… juste pour vous
L’enfant est pour sortir du sein maternel, mais la force manque pour accoucher. 2R 19,3
Cette phrase me rappelle mes hésitations à vous écrire. Faire ce pourquoi je me sens appelé est toujours difficile. Les douleurs de « l’enfantement », soit me mettre résolument à l’écriture, sont un signe de ma faiblesse. Le Rodeur est comme un loup, il sait comment s’y prendre avec nous. Heureusement notre faiblesse est cautionnée par Jésus. Sinon nous ne pourrions jamais remboursée pour nos manquements. La force qui manque pour rendre à terme nos projets ne dépend pas de notre volonté. L’esprit veille toujours. Il prend toujours notre défense et nous glisse les mots à dire.
Il y a une qualité que j’admire chez mes enfants et même mes petits-enfants c’est leur capacité d'émerveillement. La parole lue régulièrement est une source d'éblouissement constant. Lire la bible, seulement une fois de temps serait comme n'apprécier qu'une seule fois le lever du soleil pour ensuite se fermer les yeux. Après avoir tout expérimenté nos sens deviendraient inutiles. L’enfant apprend à lire la nature dès sa petite enfance, la nature lui parle de lui. Elle lui apprend un vocabulaire de vie. La Parole relue régulièrement nous apprend le langage de Dieu Créateur. Et nul doute qu’en cas de besoin, même les besoins non pressenties, la Providence pourvoit. Nous sommes faibles, mais l’Esprit vient à notre secours… l’Esprit le demande pour nous sans paroles, comme dans un gémissement. Et Celui qui scrute les cœurs comprend les aspirations de l’Esprit… Rm 8,26-27
Comme lecteur de la bible nous pouvons nous approprier l'histoire d'Abraham de sa servante. Abraham prit du pain et une outre d’eau et les donna à Agar. Il mit ensuite l’enfant sur son épaule et la renvoya. Elle partit alors à l’aventure dans le désert de Bersabée. Lorsqu’il n’y eut plus d’eau dans l’outre, elle abandonna l’enfant sous un buisson et s’assit à la distance d’une portée d’arc. Elle se disait : « Je ne veux pas voir mourir mon enfant ! » Comme elle allait s’asseoir en face, l’enfant commença à pleurer et à crier. Gen 21,14-16
S'unir à cette histoire est possible. En effet, quand le pain de la Parole et l'eau de la source vient à manquer nous nous abandonnons au désespoir. Porter à l'épaule nos vertus, nos mérites, nos bontés, nos observances, et encore le poids de la sécheresse d'âme, nos aveuglantes illusions, toutes ces choses deviennent des poids morts. Comme Agar, nous nous asseyons à l’écart et là seulement notre enfant pleure.
Qu’importe la distance que nous avons mis entre Dieu et nous, soyons sûr que : « Dieu a entendu la voix de l’enfant, de l’endroit où il se trouve. ». Et Dieu ajoute : « Lève-toi, prends ton enfant et tiens-le ferme de la main.». Gen 21,17-18
Quand le Père promet il a les moyens de réaliser ses promesses. La Parole est comme le puits sur le chemin de la servante Agar. Ne refusons pas de boire à ce puits d'eau vive. Jésus lui dit : « Si tu connaissais le don de Dieu et si tu savais qui te demande à boire, c’est toi qui lui aurais demandé cette eau qui fait vivre, et il te l’aurait donnée. Jn 4,10
Saint-Éphrem le Syriaque dans son « Commentaire sur le Diatessaron » écrivit ce bijou de phrase sur la Source qu'est Dieu : « Réjouis-toi parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif plutôt que ta soif épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau chaque fois que tu auras soif. »
Tout dans la Parole nous guide vers une louange incessante de Dieu. «La louange ne rend pas Dieu plus grand ce sont nos bouches qui en sont exaltées ». Memré de Nicomédie, p.90
Si vous le désirez vous pouvez m'écrire à mon adresse courriel: poetiste@hotmail.com